Il est vrai que nos araignées européennes ne sont pas spécialement colorées, sauf quelques unes, dont l'argiope fasciée fait partie. Personnellement je la trouve magnifique, aussi j'ai voulu lui dédier un petit reportage photographique, afin de vous la présenter.

Originaire de la zone méditerranéenne, elle a été observée pour la première fois en Belgique en 1984, elle est de plus en plus présente. Nous trouverons cette belle espèce, non pas dans les maisons ni les jardins, mais dans la nature, dans les milieux ouverts et ensoleillés. Mais attention, elles sont parfois nombreuses et il serait dommage de les piétiner, alors, prudence, marchons lentement en regardant bien à nos pieds à chaque pas.

Comme toutes les Epeires, elle reconstruit tous les jours sa toile d'orbitèle, très tôt le matin, ou parfois  au crépuscule. Sa toile d'un diamètre d'environ 30 à 40 cm, a la particularité de posséder une sorte de zigzag, appelé Stabilimentum, sorte de " renfort " tissé, servant d'appât selon les hypothèses ou encore pour la solidifier afin de ne pas trop l'abîmer lors des captures de gros insectes, comme certaines sauterelles ou criquets dont elle est friande.

Aussitôt prise dans la toile, la proie engluée se débat, ce qui prévient l'araignée, car elle n'y voit pas grand chose en réalité.  Elle lui injecte son venin, puis l'emmaillote dans de la soie, comme on le ferait avec du film plastique, et hop, au garde manger ! Elle y reviendra plus tard afin de lui injecter les sucs digestifs lui permettant de la consommer et la digérer.

L'argiope fasciée ( ou argiope frelon ) fait partie des espèces pratiquant le cannibalisme sexuel, autrement dit, elle mange son mari après l'accouplement 😉 Avec plus ou moins de succès ceci dit, car monsieur prend tout de même quelques précautions. Après l'accouplement, la femelle pond  200 à 300 œufs répartis plusieurs cocons déposés près de sa toile. Les œufs hivernent à l'abri du gel jusqu'à leur éclosion au printemps.

Elle est totalement inoffensive, peu farouche tant qu'on ne la touche pas, ce qui permet une observation facile et sans dérangement, même si elle n'est pas toujours simple à localiser en raison de son mimétisme, et puis, elle aime à se cacher dans l'herbe haute .

Mais trouvez une pâture avec des criquets, ou simple bande herbeuse qui en abrite, et vous trouverez sans doute la belle argiope..

Mythes, légendes et préjugés infondés ont la vie dure chez nos araignées, et pourtant… Il suffirait que l'on s'y attarde un peu, qu'on se donne la peine de mieux les connaitre, voire de les observer, pour se rendre compte à quel point tout ce petit monde est fascinant, et absolument sans danger.

Sous nos latitudes, la plupart des araignées ne piquent pas, n'étant pas munies d'organe de perforation, elles ne peuvent donc pas percer la peau de l'homme. Elles ne vont pas vous courir après dans ce but. Tout au plus, elles se défendent lorsqu'elles se sentent menacées lorsque manipulées ou si elles se sentent coincées. On peut alors assimiler la douleur à celle d'une piqûre de guêpe pour les grosses variétés de type épeire. Mais restent toutefois sans danger car elle n'injectent pas de venin, ce dernier leur est précieux pour d'autres usages.

Elles ne pondent pas non plus sous la peau ou la chair humaine comme on peut lire parfois. Leurs oeufs ont besoin d'être protégés par de la soie, avec une méthode qui n'appartient qu'à elles, l'humain ne leur convient donc pas. 😉

Au pire, je ne demande pas qu'on les aime, mais que pour le moins on les respecte, en les mettant dehors avec l'aide d'un petit ( ou grand ) gobelet et un carton glissé en dessous. Choisissez un gobelet assez épais si vous craignez de sentir l'animal gigoter au travers, puis déposez-le dehors. Elle nous débarrasse des mouches et autres indésirables bien plus nocifs pour nous, alors préservons-les.